Un compte professionnel, ce n’est pas toujours une obligation légale, mais, pour la grande majorité des entreprises et indépendants, c’est une évidence au quotidien. Comment ouvrir un compte pro en ligne sans perdre de temps ni se perdre dans la paperasse ? Quels justificatifs faut-il prévoir et comment s’y retrouver dans la jungle des offres bancaires ?
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Disposer d’un compte bancaire professionnel, c’est la garantie d’une gestion des finances d’entreprise sur des rails séparés de la sphère personnelle. Que ce soit pour gérer les virements, les prélèvements, encaisser des chèques ou payer les salaires, deux comptes distincts simplifient la comptabilité et facilitent grandement tout contrôle fiscal.
À noter : l’appellation « compte bancaire professionnel » relève avant tout du marketing. Les fonctionnalités ressemblent beaucoup à celles d’un compte individuel classique : carte bancaire, chéquier, appli mobile… À la différence près qu’un compte pro offre parfois plusieurs cartes ou un terminal de paiement. Mais il faut le savoir : un compte professionnel coûte bien plus cher et échappe aux plafonds de frais imposés aux particuliers.
En résumé : comment ouvrir un compte pro en ligne ?
Pour ouvrir un compte professionnel en ligne, suivez cette succession d’étapes :
- Choisissez la banque qui correspond à votre activité et comparez les offres
- Remplissez le formulaire d’inscription en ligne avec vos informations personnelles et celles de votre structure (nom, prénom, SIREN…)
- Signez électroniquement le contrat, généralement via la réception d’un code SMS
- Transmettez les pièces justificatives demandées
- Patientez le temps de la validation de la banque
Petit rappel : la mobilité bancaire conçue par la loi Macron ne concerne pas les comptes professionnels. Si vous changez de banque pro, il faudra transférer à la main toutes les opérations récurrentes. Pas de transfert automatique, hélas.
L’ouverture d’un compte pro : obligatoire ou pas ?
La nécessité d’ouvrir un compte professionnel dépend avant tout du statut juridique de l’activité.
Entreprise individuelle (auto-entrepreneur)
Pour un entrepreneur individuel, y compris les micro-entrepreneurs,, pas besoin d’ouvrir un compte bancaire professionnel pour débuter ou s’immatriculer.
En revanche, dès lors que le chiffre d’affaires franchit 10 000 € sur deux années civiles consécutives, il faudra dissocier les flux et ouvrir un compte bancaire séparé du compte personnel.
À retenir : la loi PACTE du 22 mai 2019 permet d’ouvrir un second compte individuel sans obligation de passer par une offre « pro ». Pourtant, les banques poussent volontiers vers les formules professionnelles, bien plus rentables pour elles.
Entreprises (SAS, SASU, SARL, EURL…)
Pour les sociétés, la règle change. L’ouverture d’un compte professionnel est indispensable pour déposer le capital social et obtenir l’immatriculation.
Une fois l’entreprise créée, rien n’impose légalement de conserver ce compte. Mais dans la réalité, difficile de s’en passer pour gérer les flux professionnels et séparer clairement l’activité de la vie privée.
Qui peut ouvrir un compte professionnel ?
Pour une entreprise individuelle, c’est directement l’entrepreneur qui effectue la démarche. Dans une société, tout dirigeant disposant des mandats nécessaires peut ouvrir le compte.
Quels justificatifs préparer ?
Comme pour un compte particulier, la banque va exiger des documents pour vérifier l’identité du demandeur et l’existence de la structure.
Pour une entreprise individuelle
Les banques attendent généralement les éléments suivants :
Pièce d’identité de l’entrepreneur
- Justificatif de domicile
Pour une société
- Justificatif d’adresse du siège social
- Liste des bénéficiaires effectifs
- Statuts de la société
- Identité de la personne qui ouvre le compte et de chaque bénéficiaire effectif
- Extrait Kbis
On vous demandera aussi le numéro SIREN ou le code APE. Selon la banque, la liste exacte des pièces à fournir peut varier. Certaines demanderont des documents complémentaires ou contacteront l’entreprise pour affiner la vérification.
Panorama des comptes professionnels en ligne
Choisir une banque pro, c’est comparer les offres entre établissements traditionnels et banques en ligne.
Les sociétés doivent impérativement ouvrir un compte professionnel, tandis que les indépendants peuvent, en théorie, se contenter d’un compte dédié non « pro ». Pourtant, la plupart des offres s’adressent surtout aux professionnels. Voici un aperçu des principales propositions du marché :
| Taux mensuels | du statut juridique | banque | |
|---|---|---|---|
| Auto-entrepreneurs, entreprises individuelles 10,90€ HT Accès guichets automatiques BNP Paribas | ► VOIR L’OFFRE | ||
| Tous professionnels | Solo : 0€ HT Début : 14€ HT Prime : 29€ HT129€ HT Entreprise : | ► VOIR L’OFFRE | |
| Tous les professionnels | Comptes Solo : de 9€ HT à 39€ HT29€ HT à 249€ HT Comptes d’équipe : de | ► VOIR L’OFFRE | |
| Auto-entrepreneurs : entre 3,90€ HT et Tous les professionnels : SAS, SARL, SCI, SASU, EURL, IE (RL) et micro-entreprises (auto-entrepreneurs) 9,90€ HT | ► VOIR L’OFFRE | ||
| Tous les professionnels | Auto-entrepreneurs : entre 7€ et 15€/mois HT9€ et 19€/mois HT Entreprises : entre | ► VOIR L’OFFRE | |
| Tous professionnels et associations | Standard : Anytime Pro 9,50€ HT Prime : 19,50€ HT Professionnel : 99€ HT249€ HT Entreprise : | ► VOIR L’OFFRE | |
| Base : Tous les professionnels (CA inférieur à 2 millions d’euros/an) 12€/mois Plus : 25 €/mois45€/mois Excellence : | ► VOIR L’OFFRE | ||
| Tous professionnels | Basic : 2€/mois HT9€/mois HT Expert : | ► VOIR L’OFFRE | |
| 38,50€ HTTous professionnels (chiffre d’affaires limité) | ► VOIR L’OFFRE | ||
| Fusion start : Tous professionnels (chiffre d’affaires limité) 17€ HT Fusion rapide : 25€ HT30€ HT Fusion smart : | ► VOIR L’OFFRE | ||
| TPE et PME à partir de 2 millions de chiffre d’affaires par an | Basic : 49€/mois excl. TVA Plus : 149€/mois excl. 399€/mois HT TVA Illimité : | ► VOIR L’OFFRE |
Boursorama Pro et N26 sont réservés aux auto-entrepreneurs, les autres statuts n’y auront pas accès. N26 et Revolut sont les seules néobanques à proposer une offre gratuite, mais leur service reste limité : pas de chéquier, pas de découvert, et des RIB étrangers (allemand chez N26, britannique pour Revolut). À l’inverse, Boursorama Pro propose une offre plus complète avec RIB français, chéquier, et autorisation de découvert.
D’autres banques acceptent la plupart des statuts, à l’exception de cas particuliers comme certaines associations.
Qonto se distingue par la variété de ses formules, adaptées aux besoins d’entreprises de toutes tailles, et la gestion simplifiée de la comptabilité avec intégration directe à des logiciels spécialisés.
Chez Shine, la promesse va au-delà du compte bancaire : l’accompagnement administratif est au cœur de l’offre, avec rappels, conseils juridiques (en premium), et outils pour alléger la gestion du quotidien.
Pour approfondir, consultez notre comparaison détaillée des comptes professionnels.
Refus d’ouverture de compte : que faire ?
Les banques peuvent choisir de ne pas accepter un client, particulier ou professionnel, sans avoir à se justifier. Ce cas de figure, loin d’être rare, oblige parfois à rebondir autrement.
Si la banque refuse d’ouvrir le compte, deux pistes s’offrent à l’entreprise ou à l’indépendant concerné :
- Demander l’ouverture d’un compte professionnel dans un autre établissement, chaque banque ayant ses propres critères et acceptant différents statuts
- Faire valoir le droit au compte auprès de la Banque de France. Après présentation de la lettre de refus, la Banque de France désignera un établissement qui sera tenu d’ouvrir un compte professionnel.
Ce recours est souvent le dernier filet de sécurité, notamment en cas d’interdiction bancaire. Quand les portes se ferment, la Banque de France reste l’accès garanti à un compte professionnel, pour continuer à gérer son activité sans entrave.




Pièce d’identité de l’entrepreneur