L’automne s’installe, l’hiver pointe le bout de son nez. Et oui…
Je me suis donc lancé dans un article spécial humeur maussade : tout comprendre sur les doublures !
Comme, disons… ceux qui doublent les mollets de Brad Pitt dans « Troy » ou les fesses de Natalie Portman dans un film dont le titre a sombré dans l’oubli. L’industrie du cinéma regorge de subtilités, mais au fond, la plupart d’entre nous vit avec l’idée que Julia Roberts traverse la ville en talons sans transpirer et qu’Angelina Jolie ne connaît pas les jours sans éclat. Voilà le pouvoir discret des illusions et des images soigneusement construites.
Alors, pour parler franchement : je ne m’appelle pas Thia Jolie. J’ai tiré un trait là-dessus le jour où j’ai arrêté de fredonner «… J’aimerais venir avec vous, au bout du ciel, sur vos ailes… » et où j’ai compris que mon patronyme, loin des paillettes, s’accompagnait d’un autre héritage familial : la fameuse « peau d’orange ». Résultat, impossible de sortir sans être couverte ou bien au chaud (merci la génétique). Heureusement, ma grand-mère n’avait pas la pilosité d’un chamois, on se console comme on peut.
Ce qui m’amène à mon projet pour cette saison froide : renforcer mes vêtements. Mais comment choisir la bonne doublure ?
Pourquoi utiliser une doublure ?
Les doublures ne servent pas seulement à cacher ce qui doit l’être. Voici en quoi elles transforment un vêtement au quotidien :
- elles protègent la peau d’un tissu rêche ou irritant
- elles rendent un tissu transparent plus discret
- elles donnent une meilleure tenue à la coupe
- elles gardent la chaleur là où il faut
- elles assurent une finition intérieure impeccable
Quels vêtements bénéficient d’une doublure ?
On retrouve des doublures dans bien plus de pièces qu’on ne le pense :
- manteaux
- vestes
- robes
- jupes
- pantalons
- sacs
Les matières des doublures : un large éventail
Les tissus de doublure affichent une diversité étonnante. On trouve par exemple :
- fibres naturelles : coton, soie
- fibres artificielles : acétate, viscose
- fibres synthétiques : polyester, polyamide, etc.
Quels textiles choisir selon l’usage ?
Les types de tissus employés pour doubler varient selon le confort recherché :
- toiles fines : cambric, taffetas, pongé
- satins
- mailles
Ce qui fait une bonne doublure
Quelques critères permettent de reconnaître une doublure de qualité :
- capacité à évacuer l’humidité et maintenir une température agréable
- absence de charge électrostatique
- surface lisse, qui ne gêne pas le mouvement
- élasticité adaptée si le vêtement le demande
Que trouve-t-on en boutique ?
Dans les rayons, l’éventail est large. On croise, par exemple :
- cambric de coton
- taffetas d’acétate
- taffetas de soie
- doublure pongé de soie
- pongé d’acétate
- doublure synthétique
- satin de coton
- satin d’acétate
- satin de viscose
- satin de soie
- satin synthétique
- polaire
- molleton
- matelassé
Comment faire le bon choix ?
Voici, en quelques repères, comment s’orienter dans la jungle des tissus :
- Les fibres naturelles (comme la soie ou le coton) gèrent bien l’humidité.
- Les fibres synthétiques laissent peu respirer et ont tendance à accumuler de l’électricité statique. Cependant, certains textiles techniques ou antistatiques corrigent ces défauts.
- Les fibres artificielles (acétate, viscose) absorbent mieux que les synthétiques et sont moins chargées en électricité statique.
- Pour l’été, privilégier coton ou soie.
- Pour l’hiver, les fibres synthétiques, la polaire ou le matelassé offrent plus de chaleur.
- La batiste de coton propose un vaste choix de coloris et d’imprimés à prix doux.
- Les fibres artificielles et synthétiques sont accessibles financièrement.
- La soie, plus onéreuse, s’adresse surtout aux pièces sophistiquées.
- Le cambric, la polaire et le molleton de coton ne glissent pas : les manches deviennent alors plus compliquées à enfiler, le manteau accroche parfois.
- Le satin de coton, plus fluide, facilite l’habillage.
- Les doublures extensibles permettent de suivre les mouvements : elles contiennent généralement un peu d’élasthanne.
- Le taffetas, dont le nom vient du persan signifiant « tissu tissé », reste délicat à manipuler. À noter : « taffetas » désigne aussi certains tissus fins moirés ou froissés qui bruissent, mais ces versions ne conviennent pas pour doubler un vêtement.
- Le satin, plus épais, s’adapte particulièrement aux vestes et manteaux exigeants. Lui aussi demande un certain savoir-faire lors de la couture.
- La polaire, le molleton et le matelassé prennent de la place. Vigilance donc sur le volume, surtout pour les manches et les finitions.
Prendre soin de ses vêtements doublés
Chaque fibre a ses propres exigences lors du lavage :
- Les fibres artificielles et synthétiques préfèrent l’eau froide ou tiède. Évitez le nettoyage à sec.
- Le coton supporte le lavage en machine à 30 ou 40 °C.
- La soie réclame un passage au pressing spécialisé.
- Si la pièce contient plusieurs fibres, adaptez l’entretien à la plus délicate.
Alors, qui allez-vous choisir pour accompagner vos prochains hivers ? De mon côté, j’ai un faible pour l’acétate : le nom a du panache, et il apporte un petit supplément d’âme à la garde-robe…

