Jeune femme aux cheveux blonds platine en veste tactique noire sur un toit urbain, évoquant l'héroïne d'action Florence Pugh dans Black Widow

Black Widow actrices : ce que Florence Pugh apporte de nouveau à l’héroïne

10 juillet 2026

Quand on revoit la scène du face-à-face entre Yelena et Natasha dans la cuisine de Budapest, un détail saute aux yeux : Florence Pugh ne cherche pas à imiter Scarlett Johansson. Elle impose un jeu plus brut, plus nerveux, qui casse le moule du personnage de Black Widow tel qu’on le connaissait depuis plus d’une décennie dans le MCU. C’est ce décalage qui rend la relève crédible, et qui mérite qu’on s’y arrête.

Yelena Belova, un registre émotionnel absent du MCU jusqu’ici

Natasha Romanoff, telle que Scarlett Johansson l’a portée film après film, fonctionnait sur le contrôle. Stoïcisme, phrases courtes, regard opaque. Le personnage tenait par sa retenue, et c’était efficace dans un ensemble dominé par des tempéraments plus expansifs (Tony Stark, Thor).

A découvrir également : L'histoire fascinante de l'Igreja do Carmo à Porto

Florence Pugh prend le contre-pied. Son Yelena oscille entre vulnérabilité assumée et humour désamorçant, parfois dans la même réplique. On passe d’un sarcasme mordant sur la pose héroïque d’Avenger à un silence chargé quand elle évoque ses faux souvenirs de famille. Pugh sait manier l’émotion et l’ironie de concert, ce qui rend son personnage à la fois drôle et touchant.

Ce registre n’existait pas chez les personnages féminins du MCU avant elle. Wanda Maximoff est dans le drame intérieur. Captain Marvel joue la puissance frontale. Yelena occupe un créneau différent, celui d’une combattante formée à tuer qui ne prend plus rien au sérieux, sauf les liens familiaux qu’on lui a fabriqués de toute pièce.

A lire aussi : Pourquoi l'argile séduit de plus en plus les citadins

Deux actrices de Black Widow face à face dans un appartement abandonné, représentant la dynamique entre Yelena Belova et Natasha Romanoff

Black Widow actrices : la passation entre Johansson et Pugh dans le film de 2021

Le véritable enjeu du film Black Widow (2021) n’était pas de raconter l’histoire de Natasha. On connaissait déjà sa fin, actée dans Avengers: Endgame. L’objectif était d’introduire Florence Pugh comme relève de Natasha au sein de l’univers partagé Marvel.

La scène post-générique le confirme sans ambiguïté : Yelena se retrouve face à Valentina Allegra de Fontaine, qui la met sur la piste de Clint Barton. Ce moment fait basculer le personnage de Pugh dans le circuit principal du MCU, avec un rôle d’agent de l’ombre qui reprend les codes de sa sœur adoptive.

On ne parle pas d’un simple passage de flambeau symbolique. Yelena hérite du titre, de la posture opérationnelle et de la place dans l’architecture narrative que Natasha occupait. Scarlett Johansson a porté le rôle pendant une dizaine de films. Pugh récupère ce capital en y ajoutant sa propre texture.

Florence Pugh dans Thunderbolts : la preuve par le terrain

Le vrai test pour une actrice Marvel, ce n’est pas le film d’introduction. C’est la capacité à tenir un ensemble avec d’autres personnages secondaires promus en tête d’affiche. Thunderbolts place Yelena au centre d’une équipe d’anti-héros, sans la béquille d’un Iron Man ou d’un Captain America pour structurer le récit.

Les retours sur Thunderbolts confirment que Pugh porte le film. Le Parisien parle d’une « super comédienne pour une super héroïne », en soulignant que c’est la première fois depuis longtemps qu’un Marvel convainc autant sur le plan du jeu d’actrice. Ce n’est pas anodin dans un univers où la performance individuelle passe souvent après les effets visuels.

Ce que Pugh change dans la dynamique de groupe

Yelena ne fonctionne pas comme un leader classique. Elle questionne, elle raille, elle refuse l’héroïsme de façade. Dans un groupe de personnages cabossés (Bucky Barnes, Ghost, Taskmaster), cette posture crée une dynamique plus horizontale que ce qu’on voit habituellement chez Marvel.

Concrètement, Pugh apporte trois éléments que Johansson n’avait pas dans son registre de Black Widow :

  • Un humour physique et verbal qui détonne dans les scènes d’action, là où Natasha restait dans le contrôle froid
  • Une franchise émotionnelle qui pousse les autres personnages à se dévoiler, notamment dans les scènes de dialogue en petit comité
  • Une capacité à jouer le doute, l’hésitation, sans que cela diminue la crédibilité du personnage en combat

Actrice aux cheveux auburn consultant son script dans les coulisses d'un tournage, illustrant la préparation du rôle de Florence Pugh dans Black Widow

Yelena Belova et l’avenir du personnage dans la Phase 5-6 de Marvel

Yelena est désormais positionnée comme la seconde incarnation de l’archétype Black Widow dans le MCU. Pas une copie, pas un hommage, mais une version actualisée avec un bagage émotionnel différent. Les projets annoncés (New Avengers, suites potentielles) la placent au cœur de la prochaine architecture narrative de Marvel.

Ce positionnement change aussi la façon dont on perçoit rétrospectivement le personnage de Johansson. Natasha était une espionne qui gardait tout en elle. Yelena est une espionne qui ne garde rien. Les deux versions coexistent dans la continuité, et c’est la complémentarité qui donne de la profondeur à l’héritage Black Widow.

Scarlett Johansson a posé les fondations, Pugh construit dessus

On pourrait résumer la transition ainsi : Johansson a rendu le personnage de Black Widow crédible dans un monde de super-soldats et de dieux nordiques. Pugh le rend attachant d’une façon nouvelle, plus directe, moins lisse.

Pugh ne remplace pas Johansson, elle redéfinit ce que Black Widow peut être dans un MCU qui cherche à renouveler ses figures centrales après la saga de l’Infini. Le pari de Marvel repose sur cette nuance : garder le nom, changer le ton.

Ce que Florence Pugh refuse de reproduire du modèle Johansson

Un aspect rarement abordé : Pugh a explicitement construit Yelena en opposition au jeu de Johansson. Là où Natasha adoptait la posture classique de l’héroïne d’action (regard déterminé, silhouette en contre-plongée, répliques calibrées), Yelena se moque ouvertement de cette imagerie dans le film de 2021. La scène où elle imite la pose de combat de Natasha est devenue virale, et ce n’est pas un accident.

Ce refus du moule héroïque traditionnel est ce qui rend le personnage de Pugh si distinctif parmi les actrices du MCU. Elle ne joue pas contre le film, elle joue avec une conscience du genre qui n’existait pas chez les personnages féminins Marvel de la première heure.

La filmographie de Pugh hors Marvel (Midsommar, Les Filles du docteur March, Dune deuxième partie) montre une actrice qui choisit des rôles où la fragilité cohabite avec la force. Elle transpose ce principe dans le cinéma Marvel, un territoire où cette combinaison reste rare. C’est précisément ce qui distingue sa version de Black Widow de tout ce qui a précédé.

Articles similaires