Le titre « Maître » s’applique à tous les notaires, quel que soit leur genre. Une femme notaire s’appelle donc « Maître », exactement comme son confrère masculin. La réponse paraît simple, mais elle masque une situation plus nuancée qu’il n’y paraît dans le paysage de la féminisation des professions juridiques en France.
Femme notaire et titre de civilité : pourquoi on dit « Maître » et pas « Maîtresse »
Le mot « Maître » appliqué aux professions du droit remonte à l’Ancien Régime. Les notaires, membres d’une même corporation, utilisaient cette formule pour se reconnaître entre pairs. L’usage s’est maintenu après la Révolution et n’a jamais été indexé sur le genre de la personne qui exerce.
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Appeler une femme notaire « Maîtresse » constitue une erreur. Le terme renvoie à d’autres significations en français courant, ce qui le rend impropre dans un contexte professionnel. Le titre « Maître » s’emploie de la même façon pour un notaire homme ou femme, sans forme féminisée.
Cette règle vaut à l’oral comme à l’écrit. Quand vous arrivez à l’étude, vous dites « Bonjour Maître ». Dans un courrier ou un mail, l’appel se limite à « Maître, » suivi du nom si vous le connaissez : « Bonjour Maître Dupont ».
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Pourquoi le notariat résiste à la féminisation des titres, à l’inverse d’autres professions du droit
La féminisation des titres progresse dans le monde judiciaire. On dit désormais « Madame la procureure », « Madame la bâtonnière ». Ces évolutions ont été portées par des circulaires ministérielles et par l’usage au sein des juridictions elles-mêmes.
Le notariat fait exception. La profession et ses instances représentatives continuent de recommander l’usage invariable de « Maître » pour les femmes comme pour les hommes. Aucune forme alternative (« Madame la notaire », « Maîtresse ») n’est promue par les chambres départementales ou le Conseil supérieur du notariat.
Ce décalage avec d’autres métiers du droit s’explique par plusieurs facteurs :
- Le titre « Maître » désigne une fonction, pas une identité civile. Il se distingue de « Monsieur » ou « Madame » qui, eux, marquent le genre.
- La profession considère ce titre comme un usage stabilisé, rattaché au statut d’officier public et non à la personne privée.
- L’absence de demande formelle émanant des organisations professionnelles féminines du notariat freine toute évolution normative sur ce point.
Les données disponibles ne permettent pas de dire si cette position évoluera. La tendance générale à la féminisation des titres dans la fonction publique pourrait finir par influencer le notariat, mais rien ne l’indique à court terme.
Formules de politesse pour écrire à une femme notaire : courrier et mail
L’appel d’un courrier adressé à une femme notaire s’écrit simplement « Maître, ». Pas « Chère Maître », pas « Madame le notaire », pas « Madame la notaire ».
Dans un mail, « Bonjour Maître » ou « Maître, » suffit comme formule d’ouverture. Le registre du mail professionnel autorise une certaine souplesse par rapport au courrier papier, mais le titre reste identique.
Pour la formule de salutations en fin de courrier, la structure classique fonctionne : « Je vous prie d’agréer, Maître, l’expression de mes salutations distinguées. » Certaines variantes remplacent « l’expression de mes salutations distinguées » par « mes respectueuses salutations », selon le degré de formalité souhaité.
Erreurs fréquentes dans la rédaction d’un courrier à un notaire
Écrire « Madame » en appel au lieu de « Maître » n’est pas incorrect en soi, mais dénote une méconnaissance de l’usage professionnel. Employer « Maître » dans un courrier formel contribue à la recevabilité et au sérieux apparent de la démarche, notamment dans un contexte de litige ou de médiation.
Autre erreur courante : alterner « Maître » et « Madame » dans le même document. Le titre utilisé en appel doit être repris à l’identique dans la formule de politesse finale.

Usage oral : comment s’adresser à une femme notaire lors d’un rendez-vous
À l’oral, la règle est la même qu’à l’écrit. « Bonjour Maître » convient parfaitement, que le notaire soit un homme ou une femme. Si vous ne connaissez pas encore la personne et que vous demandez à la joindre par téléphone, vous pouvez dire « Je souhaiterais parler à Maître [Nom] ».
Le tutoiement est exclu dans un cadre professionnel avec un notaire, même si la relation s’installe dans la durée. Le vouvoiement reste la norme dans les études notariales.
En pratique, beaucoup de clients disent simplement « Madame » par réflexe. Les notaires femmes n’en prennent généralement pas ombrage, mais utiliser le titre adapté montre que vous maîtrisez les codes de la profession. C’est particulièrement utile lorsque vous négociez un acte ou formulez une demande sensible.
Notaire, avocat, huissier : le titre « Maître » partagé par les professions juridiques
Le titre « Maître » n’est pas réservé aux notaires. Il s’applique aussi aux avocats et aux commissaires de justice (anciennement huissiers). Dans tous ces cas, la règle d’invariabilité du titre s’applique quel que soit le genre du professionnel.
La confusion vient parfois du fait que les avocates sont de plus en plus désignées comme « Madame l’avocate » dans certains contextes médiatiques. Cette féminisation concerne le nom du métier, pas le titre d’adresse. Quand vous vous adressez directement à une avocate, vous dites « Maître », pas « Madame l’avocate ».
Un clerc de notaire, en revanche, ne porte pas le titre de « Maître ». On s’adresse à lui ou à elle par « Monsieur » ou « Madame », suivi du nom.
La question de l’appellation des femmes dans les professions du droit reste ouverte dans le débat public. Le notariat, par son attachement à un titre fonctionnel plutôt que genré, se distingue d’autres branches juridiques qui ont déjà fait évoluer leurs usages. Appeler une femme notaire « Maître » n’est ni un archaïsme ni un refus de féminisation : c’est l’application d’un titre lié à une fonction publique, pas à une identité.

