Comprendre les tendances du prix de l'aluminium en 2022

Ce qui a influencé le prix de l’aluminium en 2022

14 janvier 2026

Près de 4 000 dollars la tonne métrique : c’est le sommet vertigineux qu’a touché l’aluminium sur le marché primaire 3 mois du LME en 2022. Pourtant, dans les coulisses, de nombreuses transactions se sont conclues à des niveaux bien plus bas, parfois à la moitié de ce prix. Cette fourchette inédite a marqué l’année d’une volatilité saisissante. Après le pic de mars, la dégringolade s’est amorcée, pour atteindre un point bas en octobre. L’année a été tout sauf linéaire : retour sur les grandes évolutions du prix de l’aluminium en 2022.

Prix de l’aluminium : 1er trimestre 2022

Sorti de deux mois de repli, le marché a vu les prix de l’aluminium rebondir de 4,8 % dès janvier. Mais très vite, la crise énergétique européenne a jeté une ombre sur la production : nombre de fonderies ont ralenti, incapables d’absorber la flambée des coûts. En février, le prix de l’aluminium au kilo 2022 a progressé dans le sillage de cette tension sur l’offre. La Russie, de son côté, massait ses troupes à la frontière ukrainienne. L’industrie métallurgique mondiale retenait son souffle, incertaine du choc à venir.

L’annonce d’une invasion russe imminente a suffi à propulser les prix de l’aluminium de 8 % supplémentaires. Le groupe Rusal, géant russe du secteur, a cessé toute activité à la raffinerie Nikolaev en Ukraine, amputant d’un coup l’offre mondiale de 2,5 millions de tonnes par an. Un séisme pour la filière, dont l’effet s’est fait sentir bien au-delà des frontières régionales.

Trimestre 2 : les prix commencent à reculer

Dès avril, la dynamique s’est inversée : la flambée s’est calmée, les cours ont entamé leur repli. Malgré cette accalmie, le sentiment général restait tendu : les approvisionnements demeuraient fragiles, l’équilibre difficile à maintenir. La Chine, engluée dans ses confinements, pesait à la fois sur la demande et sur l’offre à l’échelle mondiale.

En mai, c’est tout l’édifice du marché mondial de l’aluminium qui a vacillé. L’indice a décroché de 8,84 %, la situation sanitaire chinoise continuant de plomber la tendance. Simultanément, l’Europe a proposé un embargo sur le pétrole russe, accentuant la crise énergétique sur le continent ; la répercussion sur le prix de l’aluminium au kilo 2022 a été immédiate, tout comme la pression sur la production.

Face à ces bouleversements, la trajectoire du métal est devenue plus imprévisible. Fin mai, un nouveau plancher s’est dessiné et les prix sont restés relativement stables, évoluant à plat. Début juin, la baisse s’est poursuivie, mais de façon moins marquée qu’en mai : l’indice a reculé de 6,21 % supplémentaires.

Cette évolution contrastait nettement avec la reprise fulgurante de mars. Shanghai a tenté un assouplissement temporaire de la stratégie « zéro COVID », mais le répit n’a duré qu’une semaine. Le retour des restrictions a douché les espoirs de relance industrielle et d’augmentation de la production. Conséquence directe : les stocks d’aluminium au LME se sont contractés, et les acheteurs ont rapidement ressenti le manque.

Prix de l’aluminium : trimestre 3

Juillet a confirmé la tendance lourde : l’aluminium a poursuivi sa glissade, l’indice chutant de 8,06 %. Parallèlement, le spectre d’une récession américaine s’est matérialisé et a amplifié le climat d’incertitude. La demande a chuté, en phase avec la contraction de l’économie des États-Unis.

Août a vu l’indice s’installer dans une fourchette plus étroite, ne cédant que 2,4 %. Cependant, la conjonction de pénuries énergétiques et de difficultés de production en Chine comme en Europe a continué de peser sur le marché. Plusieurs fonderies, incapables de tenir, ont réduit la voilure ou stoppé leur activité.

En septembre, la situation s’est enfin stabilisée : les prix n’ont reculé que de 1,69 %. Pourtant, le contexte restait fragile : de nouvelles fermetures d’usines d’électrolyse européennes sont venues rappeler la tension persistante sur l’offre.

Trimestre 4 de l’aluminium à la période du zéro-COVID fait fureur

Quand le quatrième trimestre s’est ouvert, le mois d’octobre a été marqué par une dégringolade supplémentaire de 8,04 %. Malgré tout, l’aluminium s’est montré plus résistant que d’autres métaux industriels, tel le nickel ou l’acier. Les primes à la livraison physique, elles, ont poursuivi leur glissade, s’éloignant des pics atteints plus tôt dans l’année. Reste que la production chinoise a su compenser et maintenir un niveau d’offre mondial conséquent.

2022 aura donc été une année de montagnes russes pour le marché de l’aluminium. Entre crises géopolitiques, tensions énergétiques et soubresauts sanitaires, chaque trimestre a imposé sa loi. Le métal argenté, tantôt au sommet, tantôt au creux de la vague, a démontré sa capacité d’adaptation. La suite dépendra de la trajectoire des prochains chocs, attendus ou imprévus.

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