La mention « Returns to Clevya » apparaît sur le suivi d’un colis ou directement sur une étiquette collée à un paquet reçu sans commande préalable. Comprendre ce que recouvre cette mention permet de décider rapidement s’il faut ouvrir le colis, le refuser ou le signaler.
Clevya : à quoi correspond cette mention logistique
L’inscription « Returns to Clevya » sur une étiquette désigne une instruction de retour vers un centre de logistique inverse. Clevya agit comme un intermédiaire de gestion des flux retour pour le compte de vendeurs tiers, principalement des plateformes de e-commerce. Ce n’est ni un vendeur ni un expéditeur de commandes.
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Le problème survient quand cette mention apparaît dans deux situations très différentes : un retour que l’acheteur a lui-même initié, ou un colis reçu sans aucune commande. La suite de la démarche dépend entièrement de ce contexte.
Statut « Returns to Clevya » sur un suivi de colis commandé
Quand ce statut s’affiche après une demande de retour ou un refus de livraison, il signifie que le colis a été redirigé vers un centre de traitement des retours. C’est une étape logistique normale dans le circuit de retour.
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Le suivi peut rester bloqué sur ce statut plusieurs jours. Les centres de tri de retours traitent les colis par lots, et la mise à jour du tracking n’intervient qu’après le scan d’entrée en entrepôt.
Un statut figé pendant cinq à sept jours ne signifie pas que le colis est perdu. En revanche, au-delà de deux semaines sans évolution, il faut contacter le vendeur (pas Clevya directement) pour déclencher le remboursement. Le vendeur reste responsable du retour tant qu’il n’a pas confirmé la réception du produit.

Colis non commandé avec la mention Clevya : arnaque ou erreur
La situation la plus préoccupante concerne la réception d’un colis jamais commandé portant cette étiquette. Deux hypothèses méritent d’être distinguées.
Erreur d’acheminement ou de destinataire
Les retours massifs transitant par des hubs logistiques génèrent des erreurs d’étiquetage. Un colis destiné à un centre de retours peut être livré à un particulier si l’adresse de retour a été mal encodée. Dans ce cas, le contenu est généralement un produit de faible valeur (accessoire, article textile, gadget).
Technique du « brushing »
Le brushing consiste pour un vendeur tiers à expédier un colis non sollicité afin de créer une fausse transaction et publier un avis vérifié à votre nom sur une marketplace. Le colis contient un objet peu coûteux, et l’objectif n’est pas de vous facturer, mais d’exploiter vos données personnelles (nom, adresse) déjà récupérées par ailleurs.
Cybermalveillance.gouv.fr classe les faux avis de colis et messages de livraison parmi les formes d’hameçonnage les plus courantes. Le dispositif a assisté plus de 500 000 victimes en 2025 pour l’ensemble des menaces numériques, dont ces scénarios font partie.
Ouvrir, refuser ou signaler : que faire concrètement
La réponse dépend du scénario. Voici les réflexes à adopter selon le cas de figure.
- Si le colis correspond à un retour que vous avez initié et que le statut stagne, contactez le service client du vendeur avec votre numéro de suivi. Demandez une confirmation de prise en charge du retour par écrit (email ou chat). Le vendeur dispose d’un délai légal de quatorze jours après réception du retour pour procéder au remboursement.
- Si vous recevez un colis non commandé, ne payez rien et ne scannez aucun QR code présent sur le paquet ou dans un éventuel courrier joint. Vous pouvez l’ouvrir (la loi française ne vous en empêche pas), mais ne cliquez sur aucun lien associé à un SMS ou un email reçu en parallèle.
- Si un SMS ou un email vous demande de payer des frais de douane, des frais de retour ou de « confirmer vos informations bancaires » pour récupérer le colis, c’est un hameçonnage. Ne répondez pas et signalez-le sur la plateforme SignalConso de la DGCCRF ou sur Cybermalveillance.gouv.fr.
La DGCCRF a constaté une augmentation de plus de 65 % des signalements sur SignalConso entre 2024 et 2025, toutes catégories confondues, incluant les problèmes de livraison et de colis suspects.

Protéger ses données après réception d’un colis suspect Clevya
Recevoir un colis non sollicité indique que vos nom et adresse circulent dans une base de données exploitée par des tiers. La priorité n’est pas le colis lui-même, mais la fuite d’informations personnelles.
Vérifiez d’abord si votre adresse email est compromise en la testant sur un service comme Have I Been Pwned. Changez les mots de passe des comptes e-commerce liés à cette adresse. Activez la double authentification sur les plateformes de paiement.
Si un prélèvement bancaire inconnu apparaît sur votre relevé en lien avec cette livraison, contactez votre banque pour contester l’opération dans les meilleurs délais.
Faut-il renvoyer le colis
Légalement, un colis non commandé ne crée aucune obligation pour le destinataire. Vous n’avez pas à renvoyer ce colis ni à payer quoi que ce soit. Le conserver, le jeter ou le donner relève de votre choix. Aucun vendeur ne peut exiger un retour pour un envoi que vous n’avez pas sollicité.
La mention « Returns to Clevya » sur un colis inattendu n’est donc ni une facture, ni une injonction de retour. C’est une étiquette logistique qui concerne le circuit interne du vendeur, pas le destinataire. Face à un doute, le réflexe le plus utile reste de vérifier ses comptes bancaires et de signaler toute anomalie.

