La célèbre statue du Manneken-Pis à Bruxelles sur son piédestal baroque en pierre, entourée de touristes dans le centre historique

Mankenpis ou Manneken-Pis : quelle est la bonne orthographe et pourquoi ?

17 juin 2026

Vous tapez « mankenpis » dans Google et vous hésitez. Un seul N ou deux ? Avec un trait d’union ou sans ? La forme correcte est Manneken-Pis, avec deux N, un trait d’union et un P majuscule. Cette graphie n’est pas un choix arbitraire : elle découle directement de l’origine néerlandaise du mot et de son usage officiel à Bruxelles.

Manneken-Pis : l’orthographe officielle en français

La ville de Bruxelles, l’office du tourisme bruxellois et les documents institutionnels belges utilisent tous la même graphie : Manneken-Pis. Deux N dans « Manneken », un trait d’union, puis « Pis » avec une majuscule.

A lire également : Elizabeth Huberdeau : qui est l'ex-femme de John Cena ?

Cette forme apparait sur les panneaux de signalisation du centre-ville, sur le site officiel de la commune et dans les guides de visite. C’est aussi celle que retiennent les dictionnaires francophones qui référencent ce nom propre.

La graphie « Mankenpis », en un seul mot et avec un seul N, n’apparait dans aucun corpus lexicographique de référence. On la retrouve uniquement dans des recherches Google tapées à la hâte ou dans des messages informels. Elle n’a aucune légitimité linguistique ni administrative.

A découvrir également : Cartouche cigarette Belgique pour un week-end shopping : bonne affaire ou piège ?

Gros plan sur les détails en bronze patiné de la statue du Manneken-Pis, révélant la texture et le savoir-faire artisanal de la sculpture historique

Pourquoi écrire « Manneken » et pas « Manken » en français

Le mot « manneken » vient du brabançon, un dialecte néerlandais parlé historiquement à Bruxelles. Il signifie « petit homme ». Le suffixe « -ken » est un diminutif typique du néerlandais, comme dans « kinderken » (petit enfant) ou « huisken » (petite maison).

La racine « man » (homme) prend deux N quand on lui ajoute ce suffixe, conformément aux règles d’orthographe néerlandaise. Supprimer un N reviendrait à déformer le mot d’origine, un peu comme si on écrivait « Amstredam » au lieu d’Amsterdam.

« Pis » est plus direct. Il dérive du verbe néerlandais « pissen » (uriner). Associé à « manneken », il donne littéralement « le petit homme qui pisse ».

Le trait d’union, un choix de la francophonie belge

En néerlandais, on écrit parfois « Manneken Pis » sans trait d’union. Le trait d’union s’est imposé dans l’usage francophone pour lier les deux éléments du nom propre, comme on le fait pour d’autres toponymes composés (Saint-Gilles, Ixelles-les-Bains).

Ce détail typographique distingue la graphie française de la graphie néerlandaise. Les deux sont correctes dans leur langue respective, mais en français, la forme avec trait d’union est la norme.

Toponymie bruxelloise : les noms néerlandais ne se francisent pas

Vous avez peut-être remarqué que Bruxelles conserve beaucoup de noms de lieux en néerlandais sans les adapter. La Grand-Place se dit aussi « Grote Markt ». Le quartier du Sablon garde son nom français, mais le Béguinage reste le Béguinage, calqué sur le néerlandais « Begijnhof ».

Les noms de monuments bruxellois ne sont généralement pas traduits ni simplifiés quand ils passent en français. Manneken-Pis suit cette logique. Personne n’a proposé de le rebaptiser « le Petit Pisseur » dans les documents officiels, même si l’expression existe dans le langage courant.

Cette conservation du nom d’origine s’applique à d’autres monuments et lieux belges :

  • Le Atomium garde sa graphie internationale, sans adaptation orthographique
  • Le Cinquantenaire conserve son nom français à Bruxelles, tandis que sa version néerlandaise « Jubelpark » coexiste sur la signalétique
  • La statue de Jeanneke-Pis (la « petite Jeanne qui pisse », pendant féminin du Manneken-Pis) suit exactement le même modèle orthographique avec trait d’union

Manneken-Pis : fontaine et symbole bruxellois depuis le XVe siècle

La statuette en bronze que les touristes photographient aujourd’hui n’est pas qu’un objet de curiosité. Manneken-Pis a d’abord été une fontaine fonctionnelle, intégrée au réseau de distribution d’eau potable de Bruxelles dès le XVe siècle. Ce système hydraulique était reconnu dans toute l’Europe à l’époque.

Après le bombardement de Bruxelles en 1695, la statuette a survécu et acquis un statut symbolique. On a commencé à l’habiller pour les grandes occasions. Au XVIIIe siècle, elle portait déjà des costumes plusieurs fois par an.

Une garde-robe qui dépasse le millier de tenues

Aujourd’hui, la collection de costumes du Manneken-Pis constitue un ensemble patrimonial géré par la Ville de Bruxelles. Des pays, des associations et des organisations offrent régulièrement de nouvelles tenues à la statuette. Chaque habillage suit un protocole précis, encadré par un habilleur officiel.

Cette tradition multiséculaire explique en partie pourquoi le nom « Manneken-Pis » est si présent dans la culture francophone belge. Le mot n’a jamais eu besoin d’être francisé parce qu’il a toujours fait partie du paysage linguistique bruxellois, une ville où français et néerlandais cohabitent au quotidien.

Boutique de souvenirs bruxelloise présentant des répliques miniatures du Manneken-Pis en différentes tailles et costumes, avec une vendeuse en arrière-plan

Graphies fautives courantes et comment les éviter

Plusieurs variantes circulent en ligne, toutes incorrectes en français standard. Voici les erreurs les plus fréquentes et ce qui les provoque :

  • « Mankenpis » (un seul N, pas de trait d’union) : simplification phonétique, la plus répandue dans les recherches Google
  • « Manneken Piss » (double S final) : confusion avec l’anglais, où « piss » prend deux S
  • « Mannekin-Pis » (I au lieu du E) : erreur de transcription du son néerlandais « -ken »
  • « Mannequin-Pis » : rapprochement avec le mot français « mannequin », qui partage la même racine néerlandaise mais a évolué différemment

Le rapprochement avec « mannequin » est d’ailleurs intéressant. Les deux mots descendent du même néerlandais « manneken ». Le français a adopté « mannequin » en l’adaptant, mais a gardé « Manneken » intact pour la statue, parce qu’il s’agit d’un nom propre et non d’un nom commun.

Pour retenir la bonne orthographe, une méthode simple fonctionne : pensez à « Mann » (comme en allemand, « homme ») + « eken » (diminutif) + trait d’union + « Pis ». La double consonne du début et le trait d’union sont les deux points à ne pas oublier. Si vous écrivez sur Bruxelles, sur le folklore belge ou sur cette fontaine célèbre, la seule graphie recevable en français reste Manneken-Pis.

Articles similaires